Avec cette nouvelle série commencée en 2010, je m'éloigne du thème du couple qui avait fait l'objet d'une longue série ( de 2005 à 2010) de près de 140 peintures pour me tourner vers le paysage.

Je quitte aussi le support papier pour me tourner vers la toile sur châssis. Le format s’agrandit, les couleurs s'assombrissent.

Les personnages disparaissent, l'homme s'efface. Mes paysages sont déserts et sauvages, apparaissant vierges de toute trace humaine, comme un retour aux origines.

Je trouve désormais mon inspiration dans des ciels nuageux, des étendues neigeuses et des roches sombres, pourtant malgré les apparences, l'être humain, l'individu, reste au cœur de mes préoccupations. A travers ces paysages imaginaires, je dresse un autoportrait intérieur, m'inspirant de la peinture romantique du XIX e s comme Böcklin, Turner, Friedrich. Mes peintures a priori austères et romantiques se révèlent également sereines et apaisantes.

Je cherche l'émotion au cours d'une promenade virtuelle et sensible dans ces landes mystérieuses, dans ces cratères inondés, sur ces plages désolées... L'émotion transparait tel un rayon de lumière filtré par l'épaisse masse nuageuse qui recouvre la plupart de mes toiles.

Le réalisme de la technique picturale n'est pas un but, au contraire, je cherche à m'en éloigner, à prendre des libertés quant aux couleurs, à la composition de mes paysages, quitte à leur donner parfois un aspect immatériel et abstrait. Je veux que le spectateur se sente seul, immergé dans ces endroits indéfinissables.

Je crée des paysages qui invitent à une réflexion intime afin d' inciter le spectateur à se projeter mentalement dans ces paysages pour y déceler des mystères qui n'appartiennent qu'à lui.

A partir de 2015,  j'aborde un nouveau langage visant à poursuivre mon exploration de la perception émotionnelle à travers la peinture.
Mes "paysages" deviennent plus intimes et tendent davantage vers l'abstraction.
Le spectateur se projette dans un espace inconnu et déroutant. les titres de cette nouvelle série ne le dirigent plus expressément vers le paysage comme c'était le cas avec la série précédente. Ici, on est dans le ressenti, l'insaisissable.
Les contrastes de lumières et de couleurs sont plus violents. La couleur jaillit et s'intensifie. Les peintures sont comme des flashs, des bribes de souvenirs, une mise en abyme de notre inconscient. Ils chahutent notre vision et nous ébranlent.
La peinture devient un territoire sensible et poétique, une écriture pour dépeindre un lieu immatériel, bouillonnant et trouble.